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201006 - Le Grand Trail des Ecrins 2010

 
Un mois après le très médiatisé Oxgen Merrell Challenge avait lieu le plus confidentiel Grand Trail des Ecrins.
 
Sophie, Sandrina, Olivier et moi-même avons pris le départ des épreuves et ne l'avons pas regretté.
 
 
 
 
 

 Les courses

 
L'épreuve prend ses quartiers à Vallouise, un charmant petit village montagnard au sud de Briançon.
Deux épreuves sont proposées, le samedi et le dimanche.
Similaires dans les chiffres, elles proposent un peu plus de 40km pour un dénivelé, bien plus élevé qu'annoncé, de 2300m environ chacune (profils observés à la Polar).
Différentes sur le terrain, les étapes sont exigeantes. La seconde l'est sans doute encore davantage que la première.
D'une part, la fatigue du premier jour est bien réelle et d'autre part, l'effort n'offre guère de répit musculaire.
En effet, une montée presque continue de 1500 m+ et une descente de 1400 m- sont proposées aux coureurs dans des barrières temps très sélectives.
De plus, le passage au-dessus de 2000m se fait sentir sans acclimatation. Le souffle se fait plus court et les forces manquent... la montée vers le ciel semble interminable malgré la chemin exceptionnel qui y conduit.
 

Les plus

 
Au-delà de cette présentation brute, l'épreuve présente la particularité de proposer un "pack" tout compris aux participants. Des tentes de deux personnes sont installées au camping, centre névralgique du trail, pour y loger les intéressés. Le soir, un repas est proposé (boeuf à la broche) sous les grandes tonnelles de l'organisation, avec accompagnement musical.
Des soins kinés sont aussi prodigués pour soulager les douleurs musculaires.
Une quarantaine de bénévoles se dévouent corps et âme pour accueillir le coureur roi et faire en sorte que sa course soit inoubliable et elle l'a été!
 

Notre histoire

 
Notre week-end a ressemblé à un entraînement... militaire!
 
Vendredi, nous nous levons à 5 heures du matin pour ne pas rater l'avion de Turin à Charleroi.
De Turin, nous roulons 2 heures pour nous poser à Villar-d'Arène jusqu'au lendemain. Après un repas et une courte sieste, une balade de décrassage vers l'Aiguillon et le lac du Pontet s'impose, mon caporal!
6 km environ de marche pour 300 m de dénivelé et l'occasion pour Sophie et moi de faire découvrir à Sandrina et Olivier un coin que nous affectionnons particulièrement.
 
Samedi, clairon à nouveau à 5 heures du matin pour ne pas rater le départ de l'épreuve (Vallouise est à une heure de route de Villar-d'Arène).
Arrivés sur place, nous déposons tout dans nos nouvelles habitations en toile d'un jour et nous nous dirigeons vers le départ... d'un bus qui nous conduit à Largentière-la-Bessée pour le départ de la course! Ouf, on y est enfin!
A 9h30, après un peu de patience et quelques photos, le départ est donné. Nous parcourons cette étape en deux groupes, les filles et les garçons. 
Nos objectifs sont de terminer l'étape dans les barrières horaires, de garder un peu de fraîcheur pour le lendemain et de partager un moment inoubliable entre nous.
Le tout est une question de dosage tout relatif... Impossible de flâner sinon c'est le couperet de la barrière horaire qui vous tombe dessus.
Alors qu'un randonneur marche à du 5km/h à plat et monte à du 350m/h, n'espérez pas terminer le trail des Ecrins si vous ne courez pas un peu où c'est possible, si vous ne grimpez pas à du 550m/h et si vous descendez très mal.
Nous terminerons tous les 4 dans les délais. Bravo les filles. Ce n'était pas gagné!
 
 
 
Le parcours de ce premier jour présentait quelques pentes très longues et très pentues et quelques passages techniques un peu plus aériens ou difficiles comme le passage de rochers avec mains courantes ou d'un torrent sur deux troncs bien glissants.
Les descentes étaient assez roulantes, la dernière en lacets dans les bois a été la plus longue (plus d'une demi-heure) et la plus ludique. Quelques pierres et quelques racines à éviter ont ajouté un peu de piment et de fatigue à la journée...
Le ravitaillement était un peu limite... Il n'y avait plus grand chose quand on y est passé.
 
Après la course, nous avons bien pris le soin de nous réhydrater abondamment pour éliminer un maximum de douleurs.
 
Nous avons passé une excellente journée et une excellente soirée "boeuf à la broche" a conclu le tout.
Par contre, pour la nuit, les avis sont plus partagés... Olivier a dû souffler quelques fois dans le matelas...
De plus, deux degrés le matin... ce n'est pas facile pour se mettre en route!
 
Dimanche, le départ est donné à 8 heures de Vallouise cette fois. Les jambes sont un peu plus lourdes mais n'empêchent pas de monter à bonne allure la première pente de 400m et la descente juste derrière.
Au 7ème km, après l'échauffement commence une montée pratiquement continue de plusieurs heures qui va nous faire passer de 1100m d'altitude à 2600m.
La première moitié jusqu'au ravitaillement n'est pas plus difficile que le jour précédent, si ce n'est que la barrière horaire est très exigeante (à juste titre pour des raisons de sécurité liées à la météo). Elle aura raison de nos deux vaillantes athlètes qui devront stopper là pour quelques minutes de retard... Conscientes de la difficulté, elles se feront vite une raison malgré leur déception relative.
La deuxième moitié approche la haute montagne. On passe au-dessus de 2000m, on traverse des névés, l'univers devient plus minéral.... et la pente est très raide, voir très très raide...
Côté météo, le vent souffle et il ne fait pas chaud malgré le soleil. Près d'une heure trente de montée continue sera nécessaire pour arriver au sommet.
La descente est techniquement difficile, surtout près du sommet. On n'a pas le droit à l'erreur et la concentration est de mise pour poser le pied. Elle est aussi très longue et sollicite les quadriceps durant près de deux heures sans beaucoup de répit.
C'est toute la différence avec un parcours à répétitions de côtes et descente pour un même dénivelé. Ici, on n'a pas le temps de reposer les muscles qui travaillent. C'est presque deux heures les ischios et puis deux heures les quadriceps...
D'où l'importance de faire des entraînements spécifiques comme ce trail en préparation des courses célèbres comme la CCC et l'UTMB.
Les Joyeux Traileurs de Ham-Sur-Heure qui avaient fait le déplacement et que je salue, l'ont bien compris en venant en groupe au Trail des Ecrins pour préparer la CCC.
Pour en revenir à la course, Olvier et moi recevons le très convoité tee-shirt de finisher et sommes enchantés de notre week-end.
 
A noter aussi, le balisage tout simplement parfait malgré sa discrétion.
 
Après le repas prévu par l'organisation et la nécessaire réhydratation, nous replions bagage pour retourner à Villar-d'Arène.
Après une chouette soirée, nous dormons quelques petites heures pour nous réveiller à 4h30!
Ensuite, direction Turin et retour en Belgique, la tête dans le cake et les jambes en compote...
Vive le sport :-)
 
 
Eric - 22/06/2010
 
 
 
 
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Eric S.,
22 juin 2010 à 14:08
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Eric S.,
22 juin 2010 à 16:13