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Les nouvelles techniques d'entraînement

publié le 5 nov. 2013 à 14:28 par Eric S.   [ mis à jour : 13 déc. 2016 à 14:12 ]
La théorie classique de l'entraînement basée sur le découpage de la saison en un ou deux objectifs majeurs avec découpage en cycles et en progression de la préparation générale à la préparation spécifique et à la compétition a certes fait ses preuves mais est de plus en plus souvent remise en question. En effet, avec des athlètes de haut niveau, elle ne permettrait plus de préparer optimalement une saison telle qu'elle se déroule de nos jours.
En effet, si jadis, un athlète visait un bon classement à un championnat en hiver (cross par exemple) et un autre en été (piste ou route), aujourd'hui, un athlète de haut niveau vise à être au top plusieurs fois par an.

Parmi les évolutions intéressantes dans la planification de l'entraînement pour les épreuves d'endurance (pas forcément longues mais longues aussi), deux me semblent particulièrement intéressantes:
- la méthode d'entraînement polarisé
- la méthode d'entraînement par blocs.

L'entraînement polarisé se base sur le principe d'un entraînement basé à environ 80% sous le seuil ventilatoire 1 (seuil aérobie soit environ 80% de votre vma, donc lentement) et environ 20% au-dessus du seuil ventilatoire 2 (seuil anaérobie soit environ au-delà de 90% de votre vma, donc très vite sous forme d'intervalles ou fractionnés). L'intervalle entre les deux seuils n'est donc - bizarrement je le concède- pas ou peu entraîné...

Pour comprendre pourquoi et pour en savoir plus, je vous conseille de regarder...

Les adeptes du triathlon (et ils sont nombreux dans notre club) dévoreront sans nul doute cette vidéo car elle pourrait bien leur apporter de précieux conseils dans leur façon d'aborder leur entraînement (Thomas, Flo, Claire, Anaïs...)...
Pour les coureurs (et les traileurs au long cours), vous pouvez aller de suite à la 28ème minute...

 Complément d'info...

L'entraînement par blocs base ses principes sur les effets résiduels de l'entraînement. Par exemple, il est reconnu que par rapport à un niveau de forme, la vma baisse déjà au bout de 10 à 15 jours si elle n'est pas entraînée. Pour l'endurance de base, cela dure beaucoup plus longtemps. On va donc entraîner une compétence spécifiquement pendant une période et quand elle est au top, on se concentre sur une autre (avec éventuellement des séances occasionnelles de rappel des précédentes). Tout l'art de l'entraînement sera de combiner ces différents blocs d'entraînement par rapport à ces principes, par rapport au risque accru de blessure (notamment quand le bloc d'entraînement vise l'intensité) et... les spécificités de la course.

En matière d'endurance longue distance, l'idée des quelques week-end chocs  judicieusement placés dans la préparation à la place de répétitions de séances longues chaque semaine relève de cette idée me semble-t-il.

Mais la théorie va plus loin car elle comprend toutes les intensités et intègre les compétences techniques d'une discipline d'endurance. Cependant, malheureusement, cela n'est encore utilisé que pour quelques athlètes de haut niveau à l'étranger (notamment en Russie). Le recul est encore insuffisant et la littérature manque un peu. Pas facile donc de planifier sur cette base pour l'athlète amateur!


Ce qui me semble intéressant, c'est d'articuler au mieux ces nouvelles idées avec les anciennes théories (par exemple la prise en compte des temps de récupération et de régénération) et de trouver toujours le meilleur résultat possible pour une situation précise ou un athlète particulier... pas évident mais cérébral et passionnant!

Eric - 5/11/2013

... par rapport à ces techniques, des questions me taraudent l'esprit. Il en est une que je ne suis pas le seul à me poser... quid de l'entraînement à vitesse spécifique dans l'entraînement polarisé?

L'entraînement est spécifique ou il n'est pas. Certes mais alors que fait-on des études qui montrent que les meilleurs coureurs à pied multiplient les entraînements en zone lente (environ 80% du temps d'entraînement) ou en zone rapide (5-10%) sans pour autant passer beaucoup de temps aux allures de l'objectif préparé** ? On les met en perspective avec la somme de connaissances qui établit qu'il convient de s'entraîner de manière spécifique. Et si cela ne suffit pas, on demande aux athlètes concernés s'il leur arrive d'oublier de s'entraîner aux allures et dans les conditions prévues pour leur objectif majeur. Vous connaissez la réponse ? Nous aussi.
** Voir par exemple l'article "avance pépère" publié dans le magazine Sport et Vie n°140. Sept-Octobre 2013.

Extrait du site Volodalen le 14/11/2013.

... et en complément http://www.sportifmytho.com/  post du 5 octobre 2013.

Eric - 14/11/2013