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6 Namurois dans les Ecrins...

publié le 24 juin 2014 à 15:28 par Eric S.   [ mis à jour : 24 juin 2014 à 15:29 ]
Ce week-end aux plus longues journées de l'année a été très chargé!

Vendredi, levés de très bonne heure, Etienne M, Thomas B, Mathieu P, JC M, Dominique M et moi-même avons pris l'avion à Zaventem, direction Lyon.

Début d'après-midi, après un repas bien sympa à Bourg-d'Oisans, notre groupe (le trio 80km - JC, Dom et moi-même) a pris les chemins de montagne pour un petit échauffement mode rando (8km - 450m+) pendant que l'autre groupe (le trio 42km - Etienne, Thomas et Mathieu) partaient déjà vers Vallouise pour y retrouver famille et amis.
La météo est radieuse et s'annonce comme telle pour tout le week-end... on se sent en mode apéro - vacances. C'est bien parti. L'ambiance est au beau fixe.

Après repas et deux bonnes heures pour chipoter et faire les sacs, on se met au lit. Il est presque 22h...

A 2h20, le réveil nous rappelle douloureusement que le départ est à 6 heures mais qu'il reste une heure quinze de route et qu'il faut encore passer aux dossards et prendre un bus!
C'est donc la tête dans le pépète qu'on se regarde bêtement en train de s'habiller dans cette mode si particulière qui n'appartient qu'aux traileurs ;-)...

Après les divers réglages usuels et un peu d'attente dans une salle... d'attente, à 6 heures, nous sommes tous les 3 fin prêts sur la ligne de départ (le trio 42km ne partira qu'à 9h et effectuera directement la seconde partie du trail 80km).
Pan! C'est parti... enfin, ça démarre très cool en ce qui nous concerne. On est dans le fond. On est avant tout là pour faire la distance et se régaler sans souffrir si possible pour nous épargner en vue de la suite de la préparation pour l'UTMB ou le Tor selon les cas. Ce ne serait pas très malin de se griller aujourd'hui. 
Il n'empêche... même à rythme modéré, ce ne sera pas facile. Il fait déjà chaud et cela va monter jusque 30 degrés. C'est notre première course de l'année si longue avec autant de dénivelé positif à avaler durant de très longues montées et descentes de plusieurs heures parfois. En plus, au 60ème kil, sous un soleil bien présent, on va passer à 2600m d'altitude sans acclimatation...
Il va falloir gérer donc!

La première montée vers le col de l'Aiguille et la deuxième vers le col de Lauze se passent sans encombre et nous récompensent déjà de vues magnifiques sur Vallouise et la vallée. L'arrivée au premier ravitaillement se fait sans problème. Malgré les différences de gestion de l'allure, nous nous retrouvons tous les 3. Il fait très chaud et la gestion de l'alimentation et de l"hydratation sera déterminante pour la suite. 

Deux - grosses - bosses, deux descentes entrecoupées d'une longue portion plus plate le long d'un canal d'irrigation sur un sentier à racines seront au programme pour la fin de cette première partie qui nous ramènent une première fois à Vallouise sans encombre. Après 6 heures de course, nous voilà à nouveau groupés pour ce ravitaillement.

La seconde partie, le parcours du 42km, commence par un dos d'âne sur le graphique de course... en réalité, il contient une côte très très raide qui use bien les organismes soumis aux 30°C ambiants!
S'en suit une première vraie côte sur le graphique tout aussi vraie sur le terrain. C'est bien raide et sans lacet (comme les Mocassins). Le parcours est magnifique mais qu'est-ce qu'il fait chaud!
En bas de la descente, au 52ème km environ, une fontaine nous permet de nous hydrater avant d'entamer le plat de résistance de 1400m+ qui nous conduira au point haut de la course au col de Vallouise (61è km à plus de 2600m d'altitude). 
Notre premier objectif est d'atteindre le ravitaillement qui se trouve au 55ème km, 600m plus haut.
Nous montons la côte séparément. Cela semble très long et vraiment très raide... cela demande beaucoup d'énergie. Les estomacs ne sont pas à la fête avec la chaleur. La fatigue s'installe.
Au ravitaillement, je décide de me poser une bonne vingtaine de minutes dont la plupart seront consacrées à une micro-sieste. C'est avec un plaisir intense que j'ai profité de ce moment de bien-être et de relaxation. JC et Dominique me rejoignent et font à peu près pareil. Il n'y aura pas de surprise pour la suite de la montée. Comme prévu, le passage au-dessus de 2000m laisse des traces. Personnellement, je manque complètement de jus.  JC est un peu dans le cake (qu'il ne peut pas manger) et Dom a mal à ses interminables guibolles... Bref, on ne fait pas les malins (pour ne pas tomber dans le ravin bien entendu). On s'arrête d'ailleurs de temps à autre à tour de rôle pour se refaire une santé. Les sensations cardiaques ne sont pas très agréables. Les cristaux minéraux que JC a perdus lui ont permis de soigner son look: il a transformé son collant Kalendji en un Desigual!

Après un premier sommet (col de la Trancoulette), la montée se poursuit en paliers successifs et raidillons vers les névés du col de Vallouise.
On arrive groupés au sommet. La descente sera longue. Elle retourne sur Vallouise qui est à 1200m d'altitude. Le début de la descente est très technique. On l'aborde avec prudence. JC part devant au trot. Perso, je décide de ne pas y courir pour préserver mon capital musculaire, pas tant pour les derniers que pour la suite des entraînements et courses de longue distance. 300 à 400m plus bas, JC stoppe son effort, m'attend et on se remet en mode marche. Dominique n'est pas loin. On l'attendra au ravito. Enfin, c'est notre projet mais un peu le ravito, JC a un coup de barre magistral et se plante sur le sentier pour faire une bonne pause. Dominique nous rejoint et je repars avec Dominique. 
Au ravitaillement, JC nous rejoint, s'assied... et n'est pas très en forme. Son estomac est patraque et il nous fabrique deux ou trois quiches en quelques minutes. Il décide de se poser un peu. Nous repartons à un bon rythme avec Dominique. On sent qu'on est redescendu et qu'il fait plus frais. Nos jambes tournent à nouveau correctement et l'estomac s'est calmé. JC de son côté s'est relevé et fait le forcing pour nous rattraper... 
Bien vu! On franchit la ligne en groupe après 16h et quelques minutes de course. On a passé un bon samedi! Le parcours était somptueux, très varié dans ses difficultés et très bien balisé.

Après quelques minutes de récupération, on rejoint Etienne, Mathieu et Thomas qui ont fait des résultats brillants sur le 42km avec des chronos jusqu'à deux fois plus rapides que nous pour la même portion! Etienne est sur un nuage... il ne se savait pas capable de terminer si vite (5h03) et si bien classé (12è). Mathieu est très content aussi. Très fort en montée, un peu moins en descente, il a terminé un peu derrière en 5h26. Thomas, tout aussi souriant, a terminé en moins de 6 heures aussi et est 56è. Ce sont vraiment de belles performances pour des Belges de passage...

On reste ensemble une bonne heure. C'est la fête de la musique. On prend le repas offert et une bonne bière ensemble dans cette super ambiance.

Le retour vers Villar- d'Arène n'est pas de tout repos... je commence à être fatigué et je m'arrête çà et là pour me détendre un peu. Vers deux heures du matin, on est enfin au lit.

Le lendemain, c'est cool. On annule notre idée de refaire une petite rando. On se pose en terrasse, on prend l'apéro, on mange... on profite.

Dans l'après-midi, on retrouve le groupe 42km et on repart vers Bruxelles. 

On arrive à Namur en fin de journée vers 22h. Ca klaxonne de partout. C'est la liesse populaire: la Belgique est qualifiée pour les huitièmes de finale à la coupe du monde!

On a passé un week-end mémorable qui laisse des souvenirs uniques comme on les aime.



Eric - 25/06/2014




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